News du mardi 07 mai 2013
Samsung se paye MOVL
MOVL, une société spécialisée dans les applications permettant des interactions entre téléphones mobiles et téléviseurs, a annoncé avoir été rachetée par Samsung. Voici un exemple de ce qu'elle fait.
Samsung va intégrer son savoir-faire dans ses futurs produits pour renforcer son écosystème face à celui d'Apple. On ignore pour le moment si elle va continuer à supporter l'iPhone dans ses prochaines déclinaisons. On sait seulement que si Apple l'avait fait, les mobiles Android n'auraient pas été supportés.
Xavier Niel va révolutionner l'internet français
Dans une interview donnée au Financial Times, Xavier Niel a fait une annonce qui a fait l'effet d'une bombe pour l'internet français mais qui aura des répercussions bien plus larges. Il a annoncé que dans le cadre de sa guerre avec Google autour des problématiques de coûts de bande passante, il va continuer à utiliser son nouveau levier, couper la publicité. Il compte le faire d'abord de temps en temps puis un jour définitivement.
Certains s'en douteront, cela a provoqué un nouvel émoi dans la communauté des webmasters internet francophones dont les sites se verraient privés de l'essentiel de leurs revenus.
Si Xavier Niel met ses menaces à exécution on sera face à une nouvelle problématique dont on peut imaginer les conséquences:
- Les sites français et étrangers finiront par se résoudre dans ce cas à bloquer les accès aux utilisateurs venant de Free,
- Ils leur proposeront pour pouvoir accéder à leurs sites de payer un abonnement,
- Dans tous les cas les Freenautes ne seront plus égaux face à internet par rapport aux abonnés d'autres opérateurs.
Vous l'aurez compris, c'est un pari que fait Xavier Niel, une forme de bluff dans sa guerre qui l'oppose à Google et, si nous comprenons parfaitement ce bras de fer et sa légitimité, nous nous demandons dans quelle mesure il y a légitimité à utiliser une telle arme.
Pour nous, en tant qu'administrateurs de site financé par la publicité, le problème est aigu et les solutions peu nombreuses alors que les besoins financiers de MacBidouille sont infiniment moins importants que ceux de sites payant des rédacteurs. A un moment il faudra trancher et de toute façon ce sera un déchirement. Nous avons fait le choix d'un système avec de la publicité permettant à tous ceux qui le souhaitent d'accéder à nos contenus. L'idée de bloquer l'accès nous est difficilement supportable. Celui de le faire payer l'est presque autant. Pourtant, entre disparaitre et subsister d'une autre manière, la seconde solution sera certainement choisie.
Intel lève un peu le voile sur ses prochains Atom
Après ses futurs IGP dévoilés la semaine dernière, Intel vient de donner des détails supplémentaires sur sa prochaine génération de puces x86 basse consommation, les Atom, prévue pour la fin de l'année.
Gravés en 22nm, les Atom "Silvermont" auront droit à une nouvelle architecture, qui se distinguera notamment de la précédente par l'adoption d'une logique "out of order", ce qui signifie que les micro-instructions pourront être réorganisées par le processeur pour les exécuter dans un ordre permettant de meilleures performances ou une plus faible consommation. Les puces Atom actuelles sont "in order", et exécutent donc les instructions dans l'ordre défini par le compilateur.
Les nouvelles puces bénéficieront bien entendu du 64 bits, mais aussi de la virtualisation, ce qui n'était pas le cas de toutes les versions actuelles, des derniers jeux d'instructions d'Intel, d'un mode turbo amélioré et de nouveaux modes d'économie d'énergie. L'ensemble des améliorations pourraient permettre selon Intel des gains de performances allant jusqu'à un facteur trois et une consommation divisée par cinq (bien entendu, les deux ne se font probablement pas simultanément, et il s'agit sans doute là de mesures "optimistes", faites dans les cas offrant les meilleurs gains). Ces nouveaux Atom auront également droit à un nouvel IGP, dont les détails seront révélés ultérieurement.
Outre le marché des smartphones et des tablettes, où Intel a encore tout à faire pour trouver sa place, ces puces visent également les set-top box, les NAS, les serveurs basse consommation, les PC portables et les PC de bureau. Elles seront donc déclinées en de nombreuses versions, allant de deux à huit cœurs.
Il faudra maintenant attendre la disponibilité des premiers exemplaires de test pour juger de la réalité des gains, et voir si ces nouveaux Atom pourront être compétitifs face à la concurrence de plus en plus pressante des SoC ARM sur les secteurs historiques d'Intel et aider Intel à augmenter sa part de marché sur les appareils mobiles.
Adobe ne vendra plus ses logiciels !
Il y a un an, Adobe lançait Creative Suite 6 et inaugurait son service Creative Cloud, qui permet d'accéder aux logiciels de la Creative Suite moyennant un abonnement mensuel ou annuel, avec une version en permanence à jour et quelques services en lignes pour compléter le tout.
Forte du succès de cette formule, qui a déjà séduit plus de 500 000 personnes et représente aujourd'hui la majorité des ventes, Adobe vient d'annoncer une décision radicale : la société abandonne la vente de ses logiciels, tout passera désormais par la location. On savait déjà depuis quelques semaines que les versions boîte étaient condamnées, mais l'abandon total de la vente va beaucoup plus loin, et pourrait faire beaucoup de bruit.
Les tarifs devraient être inchangés, soit 61€50 par mois pour la suite complète avec un engagement d'un an ou 24€60/mois pour un logiciel seul sur un an (sauf Muse, facturé 18€44/mois et Edge Inspect, facturé 12€30). Ceux qui ne souhaitent pas s'engager sur un an peuvent choisir un abonnement mensuel, facturé 50% plus cher, tandis qu'à l'inverse, ceux qui ont une licence pour une Creative Suite 3 ou supérieure bénéficient d'une réduction de 50% sur les logiciels individuels et de 40% sur la suite complète (60% avec une CS6). Les étudiants et enseignants peuvent pour leur part bénéficier d'un tarif de 20€/mois pendant un an.
Le tarif annuel standard correspond à peu de choses près au tarif actuel des mises à jour (273€ pour Photoshop CS6 à partir de CS5 par exemple ou 688€ pour passer d'une CS5.5 Master Collection à une CS6 Master Collection).
Pour les gros consommateurs de logiciels Adobe, qui achetaient systématiquement les mises à jour, cette décision est donc relativement neutre, et pourrait même simplifier les choses, en étalant les paiements et en gérant automatiquement les mises à jour. Le coût est également fortement réduit pour ceux qui s'équipent alors qu'ils n'ont pas encore de licence. Mais pour ceux qui gardaient une même version pendant de longues années (trois ans ou plus), ou encore qui préféraient économiser quelques deniers en achetant les logiciels d'occasion, l'abandon des licences classiques pourraient engendrer un surcoût.
D'autres éditeurs emboiteront sans doute le pas à Adobe, et d'ici quelques années, il se pourrait bien que la majorité des logiciels, y compris les OS, ne soient plus disponibles qu'en location, avec à la clé une baisse du piratage (à condition que les protections résistent...) et la fin du marché de l'occasion.
La Commission Européenne évoque un abus de position dominante par Motorola
Il y a quelques temps, Motorola Mobility (aujourd'hui filiale de Google) avait lancé en Allemagne un recours en justice contre Apple pour violation de divers brevets, et réclamait le blocage des ventes de certains produits de la pomme.
Un recours qui n'a pas été du goût de la Commission Européenne : ces brevets sont des brevets FRAND, que Motorola est obligé de licencier à Apple dans des conditions raisonnables et non discriminantes. Or, l'attaque en justice constitue pour la CE un moyen de perturber les négociations de ces licences, en mettant la pression sur Apple. Il y a un an, la CE a donc lancé une enquête préliminaire pour abus de position dominante.
Après un an d'enquête, une nouvelle étape vient d'être franchie, puisque la CE a communiqué à Motorola une liste officielle des points qui lui sont reprochés, liste qui comporte cette utilisation des brevets FRAND pour demander un blocage des ventes.
Joaquin Almunia, le commissaire européen responsable du dossier, justifie cette position par le fait que la concurrence entre les acteurs du marché devrait se faire uniquement sur les qualités de leurs produits, et non pas à coup de blocages pour violation de propriété intellectuelle : "la protection de la propriété intellectuelle est un pilier de l'innovation et de la croissance. Mais la concurrence en est un également. Je pense que les entreprises devraient dépenser leur énergie à innover et jouer le jeu de la concurrence sur la base des mérites des produits qu'elles proposent, et non sur une utilisation détournée de leurs droits de propriété intellectuelle en vue de bloquer les concurrents, au détriment de l'innovation et du choix pour les consommateurs".
La filiale de Google va désormais devoir étudier les points qui lui sont reprochés, puis répondre à la CE en expliquant sa position. Les réponses apportées par Motorola permettront ensuite à la CE de décider si elle lance une procédure formelle à l'encontre de Motorola, avec éventuellement des sanctions.
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