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MacBidouille

Les CPU des Mac : Intel 80486

Le 80846 dit aussi i486, 486 puis 486DX, c'est une référence, presque aussi performant que le 68040.
On est en 1992, le dernier essai de John Sculley pour que le Macintosh devienne autonome, ne risque pas de disparaître avec la famille Motorola 68k, et comme pour le projet Aquarius ou le projet Jaguar, il n'est plus question de compromis.

1992 sera l'année du projet "Star Trek" avec le 486, "boldly go where no Mac has gone before", carrément!

3 sociétés ensemble

John Sculley va réussir à mobiliser les ingénieurs d'Apple, mais aussi de Novell et ceux d'Intel.

Les leaders incontestés de l'ordinateur graphique, du stockage réseau avec son propre protocole IPX/SPX et des CPU, tous ensemble.
Et le projet lancé le jour de la Saint-Valentin le 14 février 1992...

What could go wrong?

Novell

Novell était connu pour ses logiciels Netware, serveurs et clients, et pour ceux qui ne connaissent pas, je dirais que quand on parlait de stockage en réseau à cette époque pour les PME, il y avait Netware ou des jouets.
Sauf que Novell avait signé avec le diable en personne, Microsoft, pour intégrer leur client dans "Windows 3.1" et que Microsoft a utilisé une faille dans le contrat, expliquant que la version suivante de Windows ne fut pas 3.2 ou même 4.0, mais Windows 3.11, "Windows 3.1" avec un chiffre ajouté, lui donnant alors accès au même contrat et dans les mêmes conditions.
Pareil pour Windows NT 3.1, ou Windows for WorkGroup 3.1, etc. "Windows" et "3.1" dans le nom.

Novell voulait garder sa position de leader en terme de stockage réseau, pendant que Microsoft abusait de leur contrat et préparait ses propres outils pour s'en débarrasser et l'éradiquer.
En s'alliant avec Apple et Intel, Novell comptait profiter d'une plateforme qui se vendait encore relativement bien, lui apporter un avantage compétitif dont tout le monde profiterait, et rester l'acteur incontournable du stockage réseau sur micro-ordinateur.

Andy & Intel

Intel bien sûr avait embarqué dans l'affaire, il s'agissait bien d'un partenariat important et non de se contenter de délivrer des palettes de CPU 486, et Apple a très probablement eu accès à la feuille de route Intel, avec des informations sur le Pentium.
On était très proche de ce qui arriva au milieu des années 2000, tout s'alignait bien.

Andrew Groove, alors CEO d'Intel, était l'employé numéro 3 de la compagnie, il avait donc suivi tout son développement, et plus qu'être un gestionnaire il était d'abord et avant tout un ingénieur de talent.
Aujourd'hui Lisa Su est exactement cela chez AMD, expliquant ses réussites récentes.

Mais Andy était bien plus que cela pour Apple, et pour Steve Jobs.
Andy était un ami intime de Steve Jobs, un mentor pour lui, il aurait d'ailleurs pris des participations dans Apple dès la fin des années 70, et l'histoire conte qu'il a accompagné celui-ci jusqu'à la fin, ayant lui-même survécu à un cancer de la prostate.
Des emails prouvent que Andy avait l'oreille de Steve, mais plus encore son respect et des fois sa déférence.

Du coté de NeXTStep aussi, on allait passer au 486, pour avoir plus de compétitivité...

Les performances du 486

La première limite de l'exercice ce sont les performances du 486 pour du code 32 bits.
Sun avait essayé le 386 avec la Sun386i, puis créé un prototype de Sun486i qui ne sera jamais dévoilé, le soucis étant non le futur 68040 très velu, mais surtout les CPU RISC qui l'écrasaient littéralement.

Les CPU x86 de l'époque n'étaient pas bonnes en 32 bits, Intel étant pragmatique et privilégiant la compatibilité avec les logiciels existants, 16 bits mode "réel", 16 bits mode protégé, afin de garantir un chemin d'évolution pour les utilisateurs, et on peut dire que l'histoire de la micro-informatique leur a donné entièrement raison!

Il faudra attendre le Pentium Pro pour que le mode 32 bits soit optimisé, au détriment des modes 16 bits, mais cet échec commercial donnera naissance à une telle filiation que je le trouve glorieux. Tout x86 64 bits Intel descend du Pentium Pro. Tous.

Il y avait certes les promesses du Pentium, avec ses deux pipelines, un complet et un limité, en ligne de mire, tout comme en 2004 avec le Pentium 4 DTK il y avait la promesse des Core 2 et du Xeon.
Le pari aurait pu être fait, mais ce ne fut le cas.

L'OS, enfin...

Oui, il ne s'agissait pas de greffer une CPU Intel sur un Macintosh, mais de revoir ses bases logicielles, tant qu'à faire, mais pour le bien unique de Novell...

Tenez-vous bien, un dérivé de DR-DOS 6.0 en mode 16 bits, associé à des drivers virtuels et un gestionnaire multitâche en mode 32 bits (flat) avec au-dessus le système du Macintosh et ses applications, un peu comme MS-DOS et les premiers Windows, en plus compliqué.
Probablement l'idée la plus abracadabrantesque pour un Macintosh.

Novell aurait été un avantage avec son protocole réseau, ses services et ses logiciels serveurs portés sur le Macintosh.
Mais DR-DOS?!? Sérieux!

Un Macintosh démarrant en mode texte, avec des fichiers de configuration DOS, c'était revenir une décennie en arrière. Et plus, à l'Apple ][.
Et du 16 bits à la base, encore mieux, alors que le Macintosh était 32 bits dès le départ.

Pourquoi on a pas eu de Mac Intel en 1992?

John Sculley c'est fait dégager comme un malpropre, les résultats n'étaient pas glorieux eux, et les KPI n'intègrent pas les efforts incroyables qu'il a fait pour s'assurer de l'avenir du Macintosh après l'extinction de la famille 68k.
Ceci dit, le DR-DOS 16 bits + 32 bits de Novell était un recul en arrière incroyable...

Dans les jeux de pouvoir, il y a deux règles quand on s'en empare: virer les responsables sous celui qu'on remplace pour y amener sa clique, ses sbires, et détruire tous les projets en cours qui ne paraissent pas absolument essentiels et rémunérateurs.

La semaine prochaine, on va voir la seconde trahison...

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