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MacBidouille

Orange et le bridage de l'iPhone 3G

Hier soir, avec quelques autres site Web, nous avons assisté à une réunion avec tous les spécialistes de la téléphonie mobile d'Orange. Son but était de faire un point sur l'affaire du bridage de la 3G et sur ses suites.
Pour commencer, ils nous ont appris être tombés des nues lorsque cette affaire s'est déclenchée. Ils ne s'y attendaient réellement pas et ils ont dû agir et réagir à chaud ce qui peut expliquer les maladresses de leur communication.
Pour résumer les choses, avant de lancer un produit, Orange étudie les usages qui en sont faits et règlent en fonction de ces usages la bande passante qui leur sera allouée (nous y reviendrons). Lorsque l'iPhone 3G a été lancé, ils se sont contenté de lui attribuer les mêmes ressources qu'aux autres "smartphones", ce qui s'est avéré en fin de compte insuffisant aux yeux de nombreuses personnes.
Nous avons eu droit à quelques démonstrations comparant les performances d'un iPhone Edge, d'un 3G bridé et d'un dernier débridé. Et si l'appareil Edge était bien plus lent les deux 3G faisaient pratiquement jeu égal en chargement de pages Web ou en téléchargeant une pièce jointe.
Mais pourquoi brider (ou plutôt allouer une bande passante plus faible) alors ?
On nous a expliqué que la bande passante était une denrée rare et qu'il fallait la gérer au mieux. Attribuer le maximum à un appareil qui n'en a pas forcément besoin prive les autres usages d'une bande passante dont eux tireraient un bénéfice.
Prenons un exemple concret, le téléchargement d'une vidéo Youtube sur un iPhone. Le débit d'encodage est d'une centaine de Kilobits par secondes. Avoir plus de débit permet de la télécharger plus vite, mais puisqu'il n'est pas question de la voir en accéléré, il ne changera rien à "l'expérience utilisateur" lorsqu'on la visionnera.
Pour ce qui est de l'affichage des pages web, d'autres contraintes que le débit en download jouent. Il y a d'un côté la rapidité de Safari mobile à afficher une page, et surtout la voie de retour, l'upload de l'iPhone qui lui est plus limité mais pas bridé. Le temps nécessaire pour envoyer les requêtes masque en fin de compte celui qui permet de les recevoir, d'où la différence imperceptible entre les appareils bridés et ceux libérés.
Orange nous a également donné des détails techniques sur le fonctionnement d'une cellule 3G qui éclaire les problèmes qui ont été rencontrés aux Etats Unis en particulier. Lorsque de nombreux mobiles sont simultanément connectés à une cellule et qu'ils la sollicitent à fond, cette dernière s'engorge et sa portée diminue, ce qui déconnecte les utilisateurs qui étaient au delà de la nouvelle portée.
A la lumière de ces explications, la levée du bridage de l'immense majorité des iPhones 3G s'est faite sous la pression médiatique. Ils vont devoir maintenant vérifier dans la durée qu'elle ne nuit pas à l'intérêt général des utilisateurs de la 3G (dont maintenant près de 180 000 possesseurs d'iPhone 3G). Pour résumer le risque, vous pourriez vous retrouver à passer de longues minutes à récupérer une pièce jointe de mail parce que plusieurs personnes sont en train de récupérer à pleine vitesse une vidéo Youtube qu'ils ne verront de toute façon qu'à vitesse normale.
Dans le futur, de nouvelles normes et de nouveaux équipements plus intelligents permettront de créer des limitations plus dynamiques et d'allouer en fonction de chaque usage une partie de la bande passante suffisante, très rapide pour surfer ou récupérer une grosse image, et plus lente pour du streaming par exemple.

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