Les sites pour iPhone, un pétard mouillé ?
Malgré des ventes globales (officielles) plutôt décevantes en France, l'image de marque de l'iPhone a poussé nombre de sites grand public à se lancer dans la création de versions "spéciales" pour le terminal Internet mobile d'Apple. Un mouvement, à bien y réfléchir, assez paradoxal, le concept de l'iPhone étant justement de permettre, malgré sa taille réduite, de naviguer sur le Web de façon aussi confortable que depuis un ordinateur.
Adieu sites et autres portails d'opérateurs passés à la diète pour être "consultables" en wap. Et comme aucun autre terminal mobile n'a droit à ce traitement de faveur (alors que l'iPhone n'est pourtant, aujourd'hui, plus seul dans sa catégorie), la création de sites "optimisés" semble indiquer qu'Apple a bel et bien réussi à bousculer nos habitudes en termes de consultation mobile du Web.
Pourtant, une recension de ces sites "optimisés" - exercice forcément subjectif ! - conduit à se demander si ce n'est pas, avant tout, le profil supposé du possesseur d'iPhone (schématiquement : "jeune-branché-urbain-qui-a-les-moyens") qui motive la mise en place de ces versions "spéciales", tant leur valeur ajoutée laisse parfois perplexe !
Ainsi, sans doute pour suivre "Libération" qui avait ouvert le feu il y a déjà bien longtemps avec "Libé expresso", "Le Monde" vient de lancer sa "version iPhone". Cela n'est pas anecdotique, lemonde.fr étant, en termes de visites, le tout premier site d'information français. Mais pour peu que l'on surfe en ADSL, le confort de lecture n'étant pas spécialement meilleur, on ne voit pas forcément l'intérêt de cette "optimisation". Le surf en Edge est-il plus confortable ? Faute d'avoir pu essayer personnellement, je me garderais de trancher sur ce point, mais ce critère est-il décisif à quelques semaines de la probable adoption du standard 3G par l'iPhone v2 ? La question reste ouverte. Mais peut-être s'agit-il simplement de fidéliser des lecteurs qui se contenteraient de passer par la lecture de flux RSS ?
De façon plus astucieuse, la Société générale a mis en place une version iPhone de son site, qui permet d'utiliser le clavier virtuel de l'appareil pour saisir ses identifiants personnels. Mais en termes fonctionnels, ce site "optimisé" s'avère moins performant que la version standard, le détail des paiements par carte bleue n'étant pas accessible.
Faut-il en définitive parler d'effet de mode, voire de pétard mouillé ? Les plus optimistes souligneront que si, pour un site grand public, avoir sa version "spécial iPhone" semble si important, c'est donc qu'Apple a largement gagné son pari quant à la diffusion de l'Internet mobile.
Pour que la banalisation soit complète, la dernière étape à franchir reste sans doute celle du support du format Flash, les sites qui y font massivement appel étant aujourd'hui de facto inaccessibles depuis un iPhone.