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MacBidouille

Une étude de l'UE minimise les nuisances du piratage

Si certains continuent d'affirmer qu'il y a un lien irréfutable entre la baisse des ventes de musique et le piratage, une étude réalisée par le Joint Research Center, un centre de recherche contrôlé la Commission Européenne, montre à nouveau que cette relation de cause à effet est discutable.

Partant du principe que la vision des ayant-droit est biaisée par le fait que ceux qui recourent au piratage n'auraient probablement pas acheté la plupart des œuvres concernées s'ils n'avaient pas pu les pirater, les chercheurs se sont concentrés sur l'impact du piratage sur les ventes de musique en ligne, un point souvent négligé par les études des ayant-droits.

En compilant les données de Nielsen NetView, une sorte d'audimat de l'Internet, basées sur un panel de 16 000 personnes en Allemagne, Espagne, France, Italie et au Royaume-Uni, les chercheurs ont pu analyser finement les habitudes des internautes, Nielsen ayant notamment enregistré toutes les URL visitées, triées par catégories, ainsi que le temps passé sur ces URL.

D'après ces mesures, 56.6% des consommateurs de musique en achètent en ligne, 57.2% en écoutent sur des sites de streaming légaux et 72.6% en téléchargent illégalement. La somme de ces trois chiffres étant largement supérieure à 100%, bon nombre de consommateurs tombent dans les trois catégories à la fois.

En croisant plus finement les données, les chercheurs ont constaté que seuls 20% des pirates n'ont jamais eu recours à une source légale, contre 33% qui n'utilisent que des sources légales (11% qui n'ont recours qu'à l'achat légal et 9% qui n'ont recours qu'au streaming légal).

En rentrant encore plus dans les détails, les chercheurs estiment que le téléchargement illégal pourrait en fait avoir eu un léger impact positif sur les ventes en lignes et les offres légales de streaming, avec des hausses de vente estimées respectivement à environ 2% et 7%.

Les chercheurs précisent que leur étude ne peut bien entendu pas conclure sur d'éventuelles relations entre le piratage et la baisse des ventes de supports physiques, puisque la méthodologie utilisée ne permet que la mesure des ventes numériques. Ils n'excluent donc pas totalement un lien entre le piratage et la baisse des ventes de supports, mais on peut supposer que si le piratage n'a pas d'impact négatif sur les ventes numériques, la baisse des ventes physiques peut avoir d'autres causes que le piratage, par exemple le caractère non instantané de ce type d'achat et la nécessité de procéder à une conversion pour la lecture sur les appareils mobiles.

De quoi se demander si les sommes colossales investies dans la lutte contre le piratage et dans la répression n'auraient pas été plus utiles si elles avaient été investies dans la création ou dans l'adaptation du modèle économique aux attentes du public d'aujourd'hui (Amazon vient par exemple de lancer un service permettant de télécharger une version numérique de la musique achetée sur CD, mais ce service arrive peut-être un peu tard, alors qu'il aurait été techniquement envisageable depuis de longues années...).

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